En Bretagne, un homme de 96 ans a emprunté l’A84 à contresens le lundi 23 septembre 2019 et a continué de rouler ainsi pendant 17 km, avant de percuter un autre véhicule. L’accident n’a heureusement fait aucun blessé, mais il interroge sur la possibilité pour les personnes de plus de 90 ans de continuer à prendre le volant.
En France l’aptitude à la conduite automobile est sanctionnée par le permis de conduire qui n’envisage pas a priori de limitation dans le temps.
Est-il pour autant logique de s’en tenir là ?
À l’inverse la conduite automobile demeure le symbole de l’autonomie, de l’indépendance et, une « attestation » d’être « toujours comme avant » … À condition de respecter l’autre et sa sécurité.
l’arrêté du 4 octobre 1988 énumère la liste des incapacités physiques incompatibles avec l’obtention et ou le maintien du permis de conduire. Sont envisagées nombre de situations pathologiques fréquemment rencontrées chez la personne âgée telles que les maladies coronariennes, le port d’un stimulateur cardiaque, les vertiges ou encore une affection de l’appareil locomoteur. Dans ces cas les choses sont claires et ces situations requièrent l’avis d’un spécialiste.
Conduire est en fait une activité complexe parce qu’elle implique l’intégrité de nombre de fonctions notamment : acuité visuelle (incluant bien sûr un champ visuel conservé), auditive, conservation des fonctions cognitives, maintien, au moins relatif, d’une mobilité active (même si certain déficit moteur peuvent être compensés au prix d’aménagements spéciaux comme dans le cas des invalides civils).
Il importe donc pour continuer à conduire malgré l’avancée en âge de prendre en compte l’ensemble de ces facteurs.
Bien sûr la prescription « de tranquillisants » est aussi une contre-indication à respecter. Il suffit pour s’en assurer de regarder le pictogramme qui figure sur les boîtes de médicaments et qui indique le risque de somnolence « thérapeutique ».
D’abord vous assurer par un examen complet en consultation complété par un examen ophtalmologique de la capacité fonctionnelle à conduire en tenant également compte de l’autonomie dans la vie courante qui doit être satisfaisante. En cas de doute sur les capacités cognitives, un mini mental test peut être réalisé pour s’assurer objectivement de sa relative intégrité. Il pourra servir le cas échéant de documents médico-légaux en cas d’accident.
Les prises médicamenteuses susceptibles d’interférer avec la conduite doivent être proscrites.
Enfin il faut se limiter à la conduite de jour, sur une distance courte, environ 200 km par demi-journée, en respectant scrupuleusement le Code de la route et en particulier les limitations de vitesse.
Au besoin en cas de doute persistant sur les capacités restantes, il faut conseiller la prise de quelques cours de conduite, pour « rafraîchir » certains réflexes, sous le regard vigilant d’un professionnel qui donnera in fine son avis.
La conduite automobile est l’une des dernières libertés dans le cadre de l’autonomie de la personne âgée. Aussi ne faut-il céder ni au laxisme ni à la surprotection et en sachant réviser son accord à tout moment.
L’article R. 221-14 du Code de la route permet aux proches, lorsque ceux-ci le jugent nécessaire, de faire un signalement au préfet, qui peut alors imposer un contrôle médical au titulaire du permis de conduire.
Pour en savoir plus : https://www.securite-routiere.gouv.fr/chacun-sa-conduite/conseils-pour-les-seniors
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