Avec près de 60.000 nouveaux cas par an, le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez la femme. C’est également le cancer qui cause le plus grand nombre de décès. Face à ces chiffres, aux risques de récidives, aux dommages tant physiques que psychiques, et au long parcours que doivent suivre les patientes, le moment du retour à la vie après un cancer du sein n’est pas simple à gérer, particulièrement chez les seniors. Voyons comment s’y préparer et retrouver une vie pleine et épanouie.
Si le nombre de cancers du sein recensé en France est en constante évolution (+1,1% chaque année depuis 1990), il n’en est pas moins vrai que son taux de mortalité diminue (-1,5% en moyenne tous les ans – chiffres de l’institut national du cancer). Toutefois, les chiffres actuels de 87% de taux de survie, 5 ans après le diagnostic d’un cancer du sein, et de 76% après 10 ans, montrent la gravité extrême de ce cancer, et les nombreux dégâts qu’il peut causer.
L’institut Rafaël, dont la vocation est d’accompagner la patiente dans sa réhabilitation pour retrouver un équilibre de vie après le cancer, a mis en place des procédures de suivi régulier dans le but de garder une veille constante et de pouvoir réagir dans les meilleurs délais dans le cas d’une rechute.
Ce n’est un secret pour personne, plus tôt un cancer est diagnostiqué, plus les chances de survie sont élevées. C’est même la raison pour laquelle la technologie et la médecine s’évertuent à dépister le cancer le plus tôt possible. Dans le cas du cancer du sein, c’est ce qui a donné lieu à des innovations comme le SmartBra, un soutien-gorge connecté capable de détecter des masses cancéreuses. Un jour, l’intelligence artificielle pourrait aussi révolutionner le dépistage du cancer du sein.
Dans le cas d’un cancer du sein, les risques d’une récidive varient en fonction de multiples facteurs, le suivi post-cancer de la patiente est donc essentiel.
L’institut national du cancer préconise un suivi qui repose généralement sur :
Bien entendu, les critères de gravité et les facteurs de risques, propres à chaque patiente, déterminent la fréquence de ces visites et de ces analyses.
Nous avons pris l’attache du Docteur Éric Sebban, éminent Chirurgien Gynécologue et Cancérologue, co-fondateur de l’Institut Rafaël qui a appuyé l’importance du suivi psychologique combiné à une hygiène de vie rigoureuse pour aider la patiente à se reconstruire.
Le suivi psychologique a plusieurs objectifs :
Il faut noter qu’en France seulement 5% des femmes pratiquent une double mastectomie préventive, contre 30% aux USA. Ce chiffre en dit long sur les différences culturelles d’un pays à l’autre, ainsi que sur les habitudes de vie, inhérentes à chaque individu. Chaque cancer est bien entendu différent, et chaque personne aura des besoins spécifiques pour l’aider à se reconstruire. Pourtant un tronc commun peut être défini.
Ce point est certainement l’un des éléments prépondérants à une bonne reconstruction après un cancer du sein. Bien manger, pratiquer une activité sportive régulière, rester actif (réinsertion professionnelle après une longue absence ou bénévolat) facilitent la reconquête de l’estime de soi, car la reconstruction n’est pas que physique. En suivant ces conseils, la patiente devrait améliorer la qualité de son sommeil pour appréhender le futur. Il est inutile de citer dans ce paragraphe les contre-indications liées à l’alcool ou au tabac.
Durant les 5 ans qui suivent le diagnostic, le risque d’une récidive est important, et c’est tout naturellement que les équipes médicales proposent un soutien psychologique. Le cancer du sein touche au symbole de la féminité et de la maternité. Une fois la maladie vaincue, la crainte d’une rechute persiste dans la tête des patientes. Ce soutien psychologique peut également s’adresser aux aidants proches afin de les aider à mieux accompagner la patiente pendant sa reconstruction.
Les traitements, la chimiothérapie, la radiothérapie, l’hormonothérapie, la mastectomie ont affaibli le corps et laissé des cicatrices. La fatigue, la douleur réelle ou ressentie, et parfois les antidépresseurs, laissent peu de place à la libido, et bien qu’il n’existe pas de relations sexuelles dites ‘normales’, chaque couple doit réapprendre à se regarder et à se toucher, car même si la libido semble s’être éloignée, la capacité à ressentir un plaisir physique lors de caresses ou de rapport sexuel est toujours présente. Accepter sa propre image devant le miroir est aussi important qu’accepter le regard de l’autre.
La reconstruction passe nécessairement par une bonne communication. Ce dialogue, qui n’a rien d’évident, va permettre à la patiente de se reconstruire et de trouver ou retrouver des repères indispensables où elle pourra exprimer ses craintes, et ses désirs.
S’accepter et accepter d’être aidé par des spécialistes est donc un grand pas vers la guérison.
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue à Paris. Spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique.
Il est également co-fondateur de l’Institut Rafaël, maison de l’après-cancer et centre de médecine intégrative
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