Identifier un syndrome de glissement à temps peut sauver la vie de votre proche âgé. Ce phénomène est encore trop méconnu du grand public, et pourtant dangereux pour les seniors. Les signes d’alerte sont révélateurs, mais facilement confondus avec de l’angoisse ou une dépression. Comment reconnaître un syndrome de glissement ? Comment réagir et que faire en cas de doute ? Quelles sont les solutions pour prévenir et traiter ce trouble ? Nous répondons à toutes vos questions pour vous aider à protéger nos aînés en comprenant mieux le syndrome du glissement !
Qu’est-ce que le syndrome de glissement ? Le terme de « glissement » exprime ici une dégradation de l’état mental du patient, qui perd peu à peu pied dans la réalité et se sent glisser. On parle parfois de suicide inconscient et le phénomène de glissement est loin d’être anecdotique : en effet, il concerne entre 1 et 4 % des personnes hospitalisées âgées de plus de 70 ans et particulièrement fragiles. Il se caractérise par un changement du comportement soudain de la personne âgée, qui ne s’accompagne pas nécessairement d’une perte d’autonomie réelle. Un senior tout à fait autonome peut perdre le goût de la vie et refuser d’exécuter les gestes essentiels du quotidien (manger, se laver, se lever, etc.). Le syndrome de glissement n’entraîne donc pas une dépendance physique, mais elle engendre une réelle incapacité à vivre sans l’aide d’une tierce personne.
Comment faire la différence entre une baisse de tonus passagère et un syndrome de glissement ? Nous pouvons tous être un jour confronté à une personne âgée souffrant de ce trouble. Même si les symptômes peuvent parfois passer inaperçus ou passer pour des signes liés à l’âge et à la dépendance, certains signaux cliniques d’ordre physique ou psychologique sont assez révélateurs :
En fonction des personnalités et de la solidité de la personne (solidité physique et mentale), le syndrome de glissement surviendra à un âge plus ou moins avancé (parfois même avant 70 ans pour les plus fragiles), et de façon plus ou moins violente.
Le changement de personnalité et la perte de l’envie doivent alerter famille et aidants proches. La perte de l’envie peut se matérialiser en :
Si les aidants proches et la famille ne sont pas sensibles à ces signes, ils doivent l’être aux conséquences de cette perte d’envie :
Pour les proches, il est crucial de comprendre comment fonctionne le syndrome du glissement pour ne pas prendre à la légère les signaux d’alerte : en effet, la personne âgée est alors en réel danger. Le manque de mouvement peut causer des atrophies musculaires, le corps s’affaiblit à cause d’un manque d’alimentation et de soins, ce qui rend le senior plus sujet aux infections, etc. Dans plus de 80 % des cas, le syndrome de glissement aboutit malheureusement à un décès puisqu’il n’est pas pris en charge assez rapidement. Toutefois, son évolution a beau être sévère, elle n’est pas irréversible. Ainsi, les personnes âgées qui le surmontent peuvent recommencer à s’alimenter et à communiquer normalement, pour atteindre une parfaite rémission et un mieux-être psychologique. De plus, ces personnes ont aussi davantage de chances de retrouver leur autonomie lorsqu’un syndrome de glissement est découvert et traité à temps. C’est la raison pour laquelle il est important de rester vigilant !
Le syndrome de glissement concerne principalement les personnes âgées, et surtout celles qui viennent de vivre un choc parmi :
Ce qu’il faut bien garder à l’esprit, c’est qu’une personne âgée qui souffre du syndrome de glissement ne fera généralement pas appel d’elle-même à une aide extérieure. En effet, elle refuse justement d’être soignée. Même avec des visites fréquentes, il n’est pas toujours évident pour les proches d’identifier rapidement la situation et d’alerter à temps un aide-soignant. Si vous observez un comportement étrange de la part de votre proche âgé, ne concluez pas systématiquement à une fatigue passagère ou d’autres affections liées à son âge. Restez attentif à son état en permanence dans le but de repérer rapidement les symptômes du phénomène de glissement et augmenter les chances de rémission. Votre proche subira beaucoup moins les conséquences d’un alitement prolongé et d’une atrophie des muscles.
Au niveau de la durée du syndrome de glissement, tout dépend selon la fragilité de chacun. L’intervalle varie entre quelques jours à un mois. Il touche principalement les personnes âgées de 80 ans et plus, notamment celles fragilisées par des pathologies comme le diabète, les troubles cardiaques respiratoires ou encore celles ayant des antécédents neuromusculaires. Les causes peuvent être physiques comme psychologiques. En effet, le syndrome de glissement intervient après un choc comme la perte d’un proche, une maladie grave et/ou une hospitalisation, une chute ou un accident, une intervention chirurgicale ou bien une entrée en maison de retraite vécue comme un abandon. Par exemple, en cas de chute, plus le laps de temps avant que la personne âgée ne soit secourue ou assistée est long, plus le risque de glissement est élevé.
Puisque le syndrome du glissement peut avoir des évolutions brutales et qu’il peut être difficile de prendre en charge cette maladie, il est fondamental de la prévenir autant que possible pour protéger son proche. À la suite d’un épisode difficile, qu’il soit physique ou psychologique, faites preuve d’une attention et d’une vigilance particulières, surtout en période de convalescence. En effet, un senior entouré, aidé et soutenu aura beaucoup moins de chances de se sentir glisser, tandis qu’une personne âgée qui vit seule sera davantage exposée à ce risque. Il est donc impératif d’apporter les soins quotidiens nécessaires à un prompt rétablissement.
Peu importe la raison qui pousse une personne à entrer en maison de retraite, c’est un changement qui doit être bien vécu par la personne âgée. Intégrez-la à cette décision, amenez-la visiter les lieux, témoignez-lui de l’affection et aidez-la à s’intégrer. Pour limiter les risques de syndrome du glissement, il faut à tout prix éviter que le senior se sente abandonné. Les visites de la famille en EHPAD sont très importantes pour les résidents. De plus, la maison de retraite permet à une personne de ne pas se trouver seule chez elle après une hospitalisation et d’obtenir l’attention et les soins nécessaires dont elle a besoin pour accélérer son rétablissement.
En cas de syndrome de glissement confirmé, une entrée en maison de retraite peut être pertinente pour assurer la prise en charge complexe de la personne âgée. En effet, les proches sont souvent dépassés par la situation, surtout si le senior refuse les soins et recrache sa nourriture. En EHPAD, une équipe de professionnels sera en mesure d’accompagner votre proche pour prévenir les escarres, assurer un suivi psychothérapeutique, faciliter la renutrition et la réhydratation, etc. Une hospitalisation peut être nécessaire dans les cas les plus graves.
N’hésitez pas à consulter le médecin traitant de la personne âgée si vous observez un changement de comportement, voire à appeler les secours. Avec le syndrome de glissement, mieux vaut un excès de zèle qu’une réaction tardive. Faites appel à une aide à domicile pour tenir compagnie à votre proche tout en lui facilitant les tâches du quotidien. Dans tous les cas, prenez le temps nécessaire pour mettre en place les dispositifs qui aideront le senior à retrouver ses repères et entamer le processus de guérison. Un soutien psychologique et physique est toujours bénéfique.
Il est également nécessaire d’accompagner la personne âgée pour l’aider à se nourrir correctement de nouveau. Lorsque l’alimentation par voie orale est trop difficile, vous pouvez recourir à une alimentation artificielle à l’aide d’une perfusion ou d’une sonde. Le senior bénéficiera ainsi de tous les nutriments dont il a besoin. Cette prise en charge nutritionnelle à domicile peut tout à fait être réalisée par des prestataires de santé, qui se coordonnent avec le médecin traitant.
Pour prévenir et limiter l’apparition d’escarres, il faut être vigilant aux légères rougeurs qui surviennent avec un syndrome de glissement. En effet, le patient passe alors souvent une grande partie de son temps au lit. Optez pour un matelas de protection des escarres pour prévenir au maximum leur apparition et réduire la pression exercée sur les points d’appui. Pour un réapprentissage des gestes de la vie quotidienne et un rétablissement psychologique, une prise en charge médicamenteuse (comme des antidépresseurs) peut être recommandée. Pour en savoir plus, lire notre publication sur les escarres de stade 4 ainsi que sur le traitement des escarres.
La masse musculaire est impactée par le syndrome du glissement : il faut alors rééduquer le patient à l’effort à l’aide de plusieurs exercices physiques doux. Marche, yoga, Thai Chi, ou vélo : les possibilités sont multiples. Pratiquer une activité physique permettra de redonner de l’énergie au senior et de stimuler son appétit, ce qui aide contre la dénutrition. De plus, une activité physique régulière se révèle très efficace pour diminuer les symptômes liés à la dépression et à l’anxiété.
Enfin, contre le syndrome de glissement, il est fortement recommandé de faire participer votre proche âgé à des activités ludiques. Balades, jardinage ou encore sortie de groupes : tout ce qui prévient la solitude est bénéfique. N’hésitez pas à stimuler ses fonctions cognitives avec des jeux de mémoire, des puzzles ou tout autre jeu de société. Ce sont des activités simples qui aident pourtant à prolonger son autonomie et améliorer l’humeur.
Le phénomène de glissement est difficile à identifier, et encore plus difficile à guérir une fois installé. Tout relève donc de la prévention : restez à l’écoute des sensations et émotions de la personne âgée, et communiquez avec elle. Si vous désirez faire appel à une auxiliaire de vie pour fournir des soins de qualité en continu à votre proche et briser sa solitude au quotidien, l’Adiam propose des services à domicile à Paris et en Île-de-France. Contactez-nous pour prendre en charge votre proche âgé dans les meilleures conditions et lui offrir un suivi sur-mesure et personnalisé selon ses besoins !
Vouloir c’est souvent pouvoir, et à partir d’un certain âge, nos aînés ont besoin d’une certaine routine pour pouvoir continuer à avancer. Prise de médicaments à heure fixe, hygiène de vie, un minimum d’exercices pour se maintenir en forme, une alimentation équilibrée, voire calibrée, et l’envie…, l’envie d’aller bien, l’envie de continuer, l’envie de rencontrer amis et famille, de sourire et de vivre. Le syndrome de glissement est la perte de cette envie, un peu comme un alpiniste qui en pleine ascension lâcherait (volontairement) prise.
Longtemps qualifiée de mort de vieillesse, la fin de vie est de plus en plus souvent aujourd’hui associée au terme de syndrome de glissement. La personne âgée ‘décroche’ de façon assez brutale, souvent aux yeux de ses proches, et lorsqu’ils le réalisent, la chute est déjà bien avancée. On attribue souvent le syndrome de glissement à une cause extérieure telle que : La perte d’un être cher (combien d’hommes et de femmes marié(e)s depuis des décennies s’en sont allés quelques semaines seulement après la disparition de leur conjoint ?), Une perte subite d’autonomie, comme, par exemple, ne plus pouvoir conduire, ne plus pouvoir manger seul, ne plus pouvoir subvenir à son hygiène quotidienne, ne plus pouvoir porter ou accompagner ses petits-enfants au parc, ne plus pouvoir pratiquer le hobby ou le sport auquel on a consacré sa vie, … Sont autant de raisons qui peuvent entrainer un décrochement, La maladie, Une entrée en maison de retraite, mal préparée et non comprise, Une hospitalisation, due à des chutes répétées ou pour une intervention chirurgicale, La peur de se savoir seul(e) et de ne pas vouloir/pouvoir affronter le futur, Un évènement tragique,
L’accompagnement est le maitre mot en matière de prévention du syndrome de glissement chez une personne âgée. Nos aînés sont fragiles. Et nous devons rester très attentifs à tout changement de leur quotidien. Que ce soit face à la maladie, face à la perte d’un être cher, face à une perte d’autonomie, face à une entrée en maison de retraite, face à la solitude, nous devons être proche d’eux en les accompagnant et en les préparant. D’une part pour leur montrer qu’ils ne sont pas seuls mais surtout pour s’assurer qu’ils ne baissent pas les bras et qu’ils parviennent à surmonter l’épreuve à laquelle ils font face. Une simple chute, durant laquelle la personne âgée reste au sol des heures sans pouvoir appeler au secours peut déclencher cette peur et cette prise de conscience de leur ‘nouvelle’ vulnérabilité, peut avoir de graves conséquences. Les aidants proches doivent savoir identifier ces peurs et accompagner leur aîné.
Imaginez une personne qui glisse dans un puits sans fond… Est-il possible de la remonter à la surface ? La réponse est bien sûr oui. Oui, à condition que la ‘chute’ ne l’a pas entrainé trop loin. Pris à temps, une personne face à un syndrome de glissement récent peut revenir à la vie, et retrouver un équilibre et une volonté de continuer. Pour cela la personne doit être accompagnée et entourée. Elle doit retrouver la force d’avancer pour elle-même et pour les autres. Cela nécessite un réel investissement de la part de l’entourage qui doit aider la personne, à s’en sortir et lui apporter les outils et l’aide nécessaires pour y parvenir.
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